Weekly Ismo – 14 mars 2022

Élimination progressive par l’Occident des importations d’énergie russes ​

Cette semaine, alors que l’invasion de l’Ukraine se poursuit, les US, le UK et l’UE ont pris des mesures coordonnées pour réduire ou supprimer leurs importations d’énergie depuis la Russie qui, d’une certaine manière, finance la guerre. Les US ont simplement décider d’arrêter, geste significatif quand on sait que cela représente 8% des importations du pays. Pour les pays européens, la dépendance est telle qu’ils se sont d’abord donnés comme objectif de réduire de 2/3 leurs importations d’ici la fin de l’année et de couper les ponts avec la Russie d’ici 2030, si la Russie ne ferme pas le robinet d’ici là. En réaction à ces annonces fortes, le Brent de mer du Nord est monté jusqu’à 132$/bl pour redescendre en fin de semaine à 110$/bl.

Les chiffres de la semaine

  • Le MSCI World recule encore: -2,3%
  • Les taux rebondissent fortement : 2% pour le 10 ans US, 0,27% pour le 10 ans allemand.
  • Les matières premières premières sont en baisse. Le pétrole à 109$/bl.
  • Le Bitcoin est inchangé à 39 000$.
  • Le dollar est stable à 1,09$/€.
  • La volatilité, mesurée par le Vix, atteint 31.

Ces chiffres sont actualisés à la clôture des marchés du vendredi 11 mars 2022.

Les entreprises stoppent leurs activités en Russie

Ce ne sont plus seulement des compagnies pétrolières, mais aussi des entreprises technologiques, des sociétés de paiement et des marques de l’agroalimentaire qui quittent le pays. Pour certaines entreprises, la casse pourrait être importante, notamment pour les constructeurs automobiles européens qui dépendent d’unités de production de pièces en Russie, et qui pourraient voir leur production perturbée s’ils prenaient ou devaient prendre la même décision.

L’Union Européenne en meeting à Versailles

Les principaux pays se retrouvent à Versailles pour jeter les bases d’une plus grande coopération, notamment en matière de défense. A cette occasion, des propositions pour émettre conjointement de la dette pour financer les dépenses énergétiques et militaires pourraient être annoncées.

La hausse des matières premières marque une pause

Après avoir enregistré sa plus forte hausse hebdomadaire en 65 ans d’existence, l’indice Refinitiv/CRB des matières premières a légèrement reculé cette semaine. Le pétrole a baissé de 20$. Le marché des futures sur le Nickel a été fermé plusieurs jours sur le London Metals Exchange, après un « short squeeze » massif qui a fait doubler les prix en quelques heures et engendré des pertes colossales (on parle en milliards de dollar) à une banque chinoise. On va probablement voir d’autres institutions financières et hedge funds exploser en plein vol dans les semaines à venir. L’autre conséquence, c’est aussi une inflation persistante qui va peser sur la croissance jusqu’à, peut-être, provoquer une récession globale.

La BCE surprend

Le timing est surprenant. Malgré les incertitudes liées à la guerre, la BCE a décidé d’arrêter son programme de soutien pour lutter contre l’inflation. La réaction des marchés obligataires ne s’est pas fait attendre. Les obligations ont plongé après l’annonce, surtout celles des pays très endettés comme l’Italie.