Inflation : quels dangers ?

Le retour de l’inflation aux Etats-Unis, déclenché par la politique accommodante de la banque centrale américaine (la Fed) et la reprise spectaculaire de la croissance à l’issue du confinement liée au Covid, nous laisse à penser que l’inflation pourrait également repartir en Europe dans les prochains mois.

L’inflation pour le consommateur, c’est l’enfer. On peut la définir comme suit : une augmentation généralisée et auto-entretenue du niveau des prix.

D'où vient l'inflation ?

Prenons un exemple simple : tout le monde veut un iPhone. Apple a mis en place une chaine de production qui permet de fabriquer et commercialiser un iPhone pour un prix X. Ils ont prévu d’en fabriquer une certaine quantité qu’ils vendront à ce prix-là. Si la demande est supérieure à l’offre, Apple va décider d’augmenter le prix de l’iPhone. 1ère hausse de prix.

Un problème se pose alors pour Apple :

Soit cette première augmentation de prix permet de faire baisser la demande : dans ce cas, la hausse du prix s’arrête. Ce n’est pas de l’inflation.
Soit il va falloir produire plus pour répondre à la demande : dans ce cas il faudra plus de matière première et il faudra aussi demander aux salariés d’Apple de travailler plus. Ils vont l’accepter en échange d’une augmentation de salaire. Apple va donc répercuter la hausse de ces coûts dans le prix de l’iPhone. 2ème hausse de prix.

La conséquence est la suivante : si on augmente les salaires, les salariés aussi vont vouloir des iPhones : la demande se remet à augmenter. Donc les prix. Et ainsi de suite : c’est le caractère auto-entretenu de l’inflation.

L’augmentation des salaires va entrainer l’augmentation de la demande de tous les produits de consommation. C’est le caractère généralisé de la hausse des prix.

Donc, comme souvent en économie, l’inflation a un effet négatif : la hausse des prix engendre une baisse du pouvoir d’achat du consommateur, puis un effet positif, puisque cet effet prix entraine une hausse des salaires donc, une hausse du pouvoir d’achat.

Quel est l'impact de l'inflation sur l'épargne ?

Le processus de hausse entretenu des prix va avoir un impact sur les décisions des consommateurs : si vous achetez l’iPhone immédiatement vous le paierez moins cher que si vous attendez et que son prix monte. Donc vous allez préférer consommer plutôt qu’épargner. Sauf si votre épargne est rémunérée à un taux supérieur à l’inflation.

Prenons un exemple : le prix de l’iPhone va augmenter de 2% cette année (taux d’inflation). Au même moment les taux d’intérêts permettent de rémunérer votre épargne à 5% par an. Donc si vous placez 100 au début de l’année, vous récupérez 105 à la fin. Vous avez récupéré largement de quoi payer la hausse du prix de l’iPhone.

Si en revanche, comme c’est le cas aujourd’hui, les taux d’intérêt sont à 0 ou négatifs, vous aurez intérêt à consommer plutôt que d’épargner. Ce qui aura pour effet d’entretenir le phénomène inflationniste.

On comprend donc pourquoi le niveau des taux d’intérêts est le principal outil de politique monétaire des banques centrales qui peuvent, grâce à lui, équilibrer croissance et inflation.

Un peu d'histoire

En Allemagne dans les années 30, l’inflation était galopante. La conséquence en a été l’appauvrissement généralisé de la population allemande. C’est une explication de la montée du nazisme à cette époque en Allemagne.

C’est pour éviter ce vote populiste qui peut potentiellement déstabiliser les démocraties que les banques centrales, notamment européennes ont fait de la lutte contre l’inflation leur principale mission.

L’inflation est généralement un phénomène qui accompagne une croissance forte. Il est important de la maintenir sous contrôle, par le biais de la politique monétaire, tout en prenant garde à préserver la croissance: tel est le rôle, difficile mais essentiel des banques centrales.