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Chers lecteurs,

Comme chaque semaine, Ismo décrypte pour vous l’actualité qui impacte les marchés financiers.

Bonne lecture !

Mauvais mois de janvier pour les actions

Avec Plus de 6% de baisse pour le MSCI World en janvier, les actions ont connu leur plus mauvais début d’année depuis 2016. Sans le rebond de fin de mois, elles auraient pu enregistrer la pire performance depuis la crise de 2008. Les valeurs de croissance sont massacrées comme en témoigne la performance de l’indice sectoriel Eurostoxx Technology qui perd 15% depuis le début de l’année alors que les values ont pu tirer leur épingle du jeu avec une progression de 10% pour l’Eurostoxx Oil & Gas et l’Eurostoxx Banks.

 

Les chiffres de la semaine

  •  Le MSCI World progresse : +1,95%.
  • Les taux grimpent : 1,92% pour le 10 ans US, +0,21% pour le 10 ans allemand.
  • Les matières premières sont en hausse. Le pétrole gagne encore de 6% à 92$/bl.
  • Le Bitcoin gagne 9% et passe à 41 500$.
  • Le dollar recule à 1,14$/€.
  • La volatilité, mesurée par le Vix, recule à 23.

Ces chiffres sont actualisés à la clôture des marchés du vendredi 4 février 2022.

L’inflation progresse partout, trop vite

Cela commence à devenir problématique, l’inflation est galopante : 7% aux US, 5% en Europe ou au Royaume-Uni. Il n’y a aucun signe de ralentissement. Les banques centrales se sont trompées en pensant que l’inflation n’était que conjoncturelle. Elles sont maintenant obligées d’agir plus vite et plus fort pour rattraper le temps perdu.

 

La banque d’Angleterre monte encore les taux

Les Anglais confrontés à une inflation importante ont monté une deuxième fois les taux après une première hausse en décembre. En effet, la banque centrale prévoit que l’inflation atteindra au moins 7,25% en avril. Son taux directeur est maintenant de 0,5%. Il y a donc encore de la marge.

La BCE prend les marchés obligataires par surprise

Comme prévu, la banque centrale n’a pas bougé son taux directeur. Mais sa position devient difficile. D’ailleurs sa Présidente n’a pas voulu confirmer qu’il n’y aurait pas de hausse en 2022, provoquant un réajustement à la hausse des taux longs et donc la chute des obligations. Les taux allemands à 10 ans sont à nouveau positifs, une première depuis 2019. A l’instar des autres banques centrales, la BCE est obligée de prendre en compte l’inflation qui progresse encore à 5,1% en janvier. On s’approche de plus en plus de la fin des taux négatifs.

La Turquie au bord du chaos ?

Les expérimentations monétaires du président Erdogan tournent à la catastrophe. Le pays connait une période d’hyperinflation proche de 50% et une devise qui n’en finit plus de s’affaiblir. Pour tenter de calmer la population, le président promet une hausse du salaire minimum de 50% et de monter les retraites.

Les prix de l’énergie toujours en hausse ​

Avec le pétrole qui s’approche de 100$/bl et qui montent toutes les semaines, avec les prix du gaz et de l’électricité qui ne descendent pas, la facture énergétique va être salée. En France, les prix de l’électricité sont réglementés et dans cette période électorale, impossible de passer la hausse de 35% sur l’électeur. La hausse est donc limitée à 4%. Mais ne nous trompons pas, le gouvernement ne peut que retarder l’inéluctable. La hausse finira par être intégralement supportée par les particuliers si les prix ne baissent pas.

 

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Une 4 ème semaine de baisse des marchés

Les marchés sont très agités avec des chutes brutales et des rebonds violents, parfois même directement pendant la même séance. Comme on l’a noté dans les précédents weekly, les valeurs de croissance sont les plus impactées compte tenu à la fois de leur valorisation élevée et de leur grande sensibilité à toute hausse des taux. Les valeurs technologiques sont massacrées : le Nasdaq, indice des valeurs technologiques américaines a perdu plus 20% depuis les plus hauts de novembre. Son équivalent européen, le Stoxx Technologie perd quant à lui aussi 20%.

💡 Retrouvez les conseils d’Ismo pour bien réagir quand les marchés baissent. Ne laissez pas vos émotions prendre le dessus.

Les chiffres de la semaine

  •  Le MSCI World chute : -1,06%.
  • Les taux sont stables : 1,77% pour le 10 ans US, -0,05% pour le 10 ans allemand.
  • Les matières premières sont en hausse. Le pétrole progresse encore de 2% à 88$/bl.
  • Le Bitcoin gagne 3% et passe à 38 000$.
  • Le dollar baisse à 1,12$/€.
  • La volatilité, mesurée par le Vix, est stable à 29.

Ces chiffres sont actualisés à la clôture des marchés du vendredi 28 janvier 2022.

La croissance ralentit brutalement

On oublie la croissance mondiale exceptionnelle de 2021 (mondiale : 5,9% ; américaine : 5,5% ; France : 7%, du jamais vu depuis 1984 !). En ce début d’année, la croissance ralentit sensiblement. Le FMI revoit ses prévisions 2022 à la baisse de 5,9% à 4,4% pour l’économie mondiale et ne prévoit « que » 4% pour les US et 4,8% pour la Chine. Toujours est-il que la croissance est à l’arrêt aux US. L’économie allemande s’est même contractée au dernier trimestre de 2021 toujours à cause de la Covid-19 et de ses répercussions sur l’activité économique.

La FED se laisse toutes les options

La banque centrale n’a pas bougé ses taux lors de son meeting de janvier. La FED, à travers son président Powell, laisse toutes les options ouvertes pour réagir à l’envol de l’inflation. Il estime qu’il y a la place pour monter rapidement et à plusieurs reprises les taux sans impacter l’emploi et sans mettre en danger la croissance. Un discours volontairement tourné vers une action rapide qui n’a pas plu aux marchés.

L’Ukraine nouveau théâtre des tensions entre les US et la Russie ?

La Russie semble accumuler des troupes et des armes à sa frontière avec l’Ukraine. Les US ont demandé à leurs ressortissants de quitter le pays en urgence par crainte d’une invasion imminente. En Europe, on s’inquiète de voir la Russie réduire ou arrêter l’approvisionnement en pétrole et en gaz en cas de mise en place de sanctions pour répondre à toute l’invasion.

Le pétrole au plus haut depuis 2014

L’augmentation des risques géopolitiques provoque l’envol du pétrole qui finit la semaine à 88$ le baril. On va tout droit vers les 100$. Si on y ajoute la hausse du dollar, l’impact sur l’activité économique mondiale et sur l’inflation est sensible. La hausse affecte surtout les plus faibles pour qui la hausse à la pompe et des factures énergétiques est difficilement supportable. La prime « inflation » n’y changera malheureusement rien.

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Lagarde ne se rend pas

Pour l’instant, la présidente de la BCE refuse d’agir contre l’inflation et maintient sa politique. Elle justifie sa décision en arguant que le cycle économique américain est en avance sur celui de l’Europe. Mais des divisions importantes sont apparues sur ce sujet entre les membres de la BCE lors de leur réunion de décembre alors que l’inflation dans la zone euro a atteint 5%, bien au-dessus de son objectif de 2%. Pendant ce temps, les taux des obligations remontent un peu partout en Europe, le rendement du 10 ans allemand passant même brièvement au-dessus de 0 pour la première fois depuis 3 ans.

Les chiffres de la semaine

  •  Le MSCI World chute : -4,24%.
  • Les taux sont stables : 1,77% pour le 10 ans US, -0,07% pour le 10 ans allemand.
  • Les matières premières sont en hausse. Le pétrole progresse encore de 3% à 85$/bl.
  • Le Bitcoin perd 15% et passe à 36 500$.
  • Le dollar baisse à 1,13$/€.
  • La volatilité, mesurée par le Vix, s’envole à 29.

Ces chiffres sont actualisés à la clôture des marchés du vendredi 21 janvier 2022.

La faiblesse des marchés s’accentue

Très mauvaise semaine pour les marchés actions avec tous les principaux indices mondiaux dans le rouge. Les marchés américains, qui étaient en lévitation, reculent nettement à cause de la FED qui va monter les taux par pour lutter contre l’inflation. Cela risque de provoquer un ralentissement de la croissance et ça, les marchés n’aiment pas. Certains investisseurs craignent d’ailleurs que la FED frappe plus fort dès le prochain meeting avec une hausse des taux non pas de 0,25% mais de 0,50%. Comme prévu, le thème dominant de 2022 sera l’inflation. 

Vers la fin des restrictions liées à la Covid-19

La population est fatiguée et l’activité est perturbée par un nombre important de personnes restant chez elles car contaminées. L’épidémie est hors de contrôle et devient endémique. Par ailleurs, comme le nombre des personnes en réanimation ne progresse pas, les gouvernements lèvent, ou vont lever, la plupart des restrictions (au UK et en France dès la fin du mois).

La Chine tente de relancer la machine

La Chine réagit face au ralentissement de son économie et, à l’inverse des autres pays, elle a décidé de baisser les taux. Cette décision vient aussi pour aider le secteur sinistré de la promotion immobilière. Parallèlement, le gouvernement s’attaque à TikTok, citant des problèmes dans la sécurité des données, de monopole et de concurrence déloyale.

Un million d’entreprises créées en 2021

Il s’agit d’un record tout simplement historique. L’INSEE a annoncé que la France avait vu un million d’entreprises se créer en 2021. Mais si on décortique les données on constate que pour plus des deux tiers il s’agit de microentreprises fondées par des autoentrepreneurs dont le statut est souvent précaire malheureusement.

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Le coup de pouce du gouvernement pour le Livret A

Le gouvernement a annoncé le doublement du taux du livret A de 0,50% à 1%. Bruno Lemaire justifie cette décision pour assurer le financement du logement social. Le tiers des sommes y est affecté c’est vrai. Mais le logement social n’était pas en danger compte tenu du fait que les Français n’ont jamais mis autant dans les livrets ! Ça sent le cadeau pré-électoral … Mais c’est toujours bon à prendre !

Les chiffres de la semaine

  • Le MSCI World est stable : +0,18%.
  • Les taux montent encore : 1,79% pour le 10 ans US, -0,04% pour le 10 ans allemand.
  • Les matières premières sont en hausse. Le pétrole progresse de 6%, à 83$/bl.
  • Le Bitcoin rebondit doucement à 43 000$.
  • Le dollar baisse à 1,14$/€.
  • La volatilité, mesurée par le Vix, est stable à 19.

Ces chiffres sont actualisés à la clôture des marchés du vendredi 14 janvier 2022.

L’inflation atteint des niveaux inquiétants aux US

7%. C’est l’autre chiffre de la semaine et il concerne l’inflation américaine en 2021. Des loyers en hausse de 18% sur un an, l’immobilier de 16%, la nourriture de 30% et les voitures d’occasions de 53%. Et ce ne sont que des exemples pris dans une longue liste. Et la FED, à travers la voie de son président, essaie de rassurer les investisseurs sans donner l’impression de paniquer.

Omicron, le pic est passé ?

Dans plusieurs grandes métropoles du monde, le nombre de cas commence à décroître. Le nombre d’hospitalisations a nettement progressé ces derniers jours mais pas celui des décès. Le pic de la vague pourrait être derrière nous, ou tout proche.

La guerre aux portes de l’Europe ?

Les discussions entre la Russie d’un côté et les US et l’OTAN de l’autre n’avancent pas. Le risque d’invasion de l’Ukraine par la Russie n’a jamais été aussi grand. Pour l’instant, seules des sanctions sont envisagées. On se demande bien comment cela pourrait empêcher Poutine d’y aller. Encore une fois la Russie et les US font joujou avec l’Europe. Humiliant.

De moins en moins d’obligations avec un rendement négatif

L’inflation fait remonter les taux et fait donc baisser les obligations. Du coup le montant des obligations dont le rendement est en territoire négatif a été divisé par 2 passant de près de 17 000 milliards d’euros à 9 000 milliards d’euros. On les trouve surtout dans les obligations d’états de la zone euro.

Les banquiers centraux et nos décideurs politiques estiment que le scenario idéal est une croissance faible et régulière des prix. En effet, une hausse légère des prix stimule la croissance économique car elle incite les consommateurs à acheter. Ils prennent en compte dans leur décision d’achat que les prix seront plus élevés demain.

En revanche, une inflation trop forte réduit le pouvoir d’achat et menace l’économie comme ce fut le cas en 1974, lors du premier choc pétrolier, lorsque la hausse des prix de pétrole a entrainé une récession.

La déflation, ou la baisse des prix, a l’effet inverse. Quand les prix se mettent à baisser, les consommateurs repoussent leurs dépenses, ce qui affaiblit l’activité économique.

Lorsqu’il y a un peu d’inflation, ceux qui ont emprunté en profite. Si les revenus augmentent, au moins partiellement avec l’inflation, la part dans le budget des ménages des dettes à taux fixe contractées, comme les emprunts immobiliers, diminue. Pour les mêmes raisons, les états et les entreprises, assis sur des montagnes de dettes se félicitent d’avoir un peu d’inflation.

On considère généralement qu’il y a deux types d’inflation :

  • La première est une inflation tirée par la demande. Elle se produit quand la demande pour les biens et les services dépasse la capacité de l’économie à les produire comme cela est arrivé pour certains biens lorsque nous sommes sortis du confinement.
  • L’autre type d’inflation est une inflation sur les coûts, souvent due à un choc de l’offre généralement sur le travail ou les matières premières impliquant une hausse des prix à la production qui est répercutée sur le consommateur.

Nous subissons actuellement un peu des dans cette période de reprise post pandémie.

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Source : Refinitiv

Nous sommes actuellement à un tournant. L’inflation progresse partout.

En Europe, la hausse des prix de l’énergie devient même critique. En Allemagne elle atteint 4%, soit un plus haut depuis 28 ans. Elle pourrait atteindre 5% dans les prochains mois. La Bundesbank estime d’ailleurs que l’inflation restera au-dessus de l’objectif de 2% tout 2022.

Pour la BCE, l’inflation est transitoire et ne nécessite pas d’action immédiate même si quelques membres commencent à distiller le message qu’une inflation plus structurelle semble s’installer.

La BCE, après des années de lutte contre la déflation, préfère probablement un peu d’inflation plutôt que d’intervenir et de menacer la croissance qui s’est installée depuis la réouverture des économies. 

Malgré tout, la banque devrait ralentir ses programmes de soutien comme ses programmes d’achats de dettes en 2022. Ailleurs, et notamment dans les pays émergents la lutte a déjà commencé et les taux remontent.

Comment lutter contre l’inflation ?

Les gouvernements et les banques centrales dont c’est généralement une partie du mandat, contrôlent l’inflation. L’outil principal pour lutter contre l’inflation (ou la déflation), c’est la politique monétaire consistant à ajuster les taux. La hausse des taux provoque le renchérissement de l’argent, réduisant les investissements, augmentant les taux immobiliers, la rémunération de l’épargne et la devise. La hausse de la devise permet de réduire les coûts d’importation, réduit la demande pour les exportations et donc aussi de lutter contre l’inflation.

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Source : Refinitiv


Plusieurs pays ont des objectifs affichés d’inflation (2% en Euro zone par exemple). Si cet objectif est crédible, les prévisions du niveau futur d’inflation seront faibles ce qui facilite le contrôle de l’inflation. En effet, l’inflation a tendance à s’autoréaliser : pensez que l’inflation va monter incite à monter les prix. C’est pourquoi, les banques centrales sont très attentives aux prévisions à long terme de l’inflation par les investisseurs. Pour l’instant les données semblent leur donner raison, les anticipations à long terme restent proches de l’objectif. Mais ces derniers mois l’inflation anticipée à long terme remonte doucement, menaçant leur crédibilité.

Quelles sont les conséquences de l’inflation pour les investisseurs ?

L’inflation impacte en premier lieu les obligations à taux fixe car elle diminue le pouvoir d’achat lié aux coupons fixes versés dans le futur. Les obligations à long terme sont donc les plus impactées.

L’inflation peut aussi affecter les actions, surtout à court terme, même si les actions ont historiquement offert une protection solide contre une inflation modérée. A court terme, la hausse des prix des inputs peut affecter les marges des entreprises, surtout pour celles sur des marchés matures et compétitifs et donc sans beaucoup de pricing power. L’histoire nous montre que les marchés actions ont soufferts dans les années 70 lorsque l’inflation était à deux chiffres.

Les effets indirects de l’inflation affectent aussi les actions. Par exemple, une hausse des taux de la banque centrale pour lutter contre l’inflation peut provoquer une contraction des valorisations, car la valeur présente d’une action doit être calculée en actualisant les revenus futurs avec des taux plus élevés. C’est pourquoi les valeurs de croissance sont très sensibles aux mouvements des taux. C’est particulièrement vrai actuellement car les taux sont bas et les valorisations élevées.

Historiquement, les actifs qui permettent de se protéger contre l’inflation sont les actifs « réels » comme l’immobilier et les matières premières, les actions « value » qui ont tendance à avoir des niveaux de valorisation plus bas et qui sont moins sensibles aux variations de taux que les valeurs de croissance, les obligations protégées de l’inflation émises par les états et les obligations à taux variable.

A l’inverse, dans un contexte d’inflation en hausse, les obligations à long terme, les actions des secteurs des services aux collectivités, du bâtiment et des infrastructures, et les valeurs de croissance sont à éviter.