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Chers lecteurs,

Comme chaque semaine, Ismo décrypte pour vous l’actualité qui impacte les marchés financiers.

Bonne lecture !

Les marchés français sous pression

Les derniers sondages montrent qu’Emmanuel Marcon et Marine Le Pen sont au coude à coude. Les investisseurs, n’aimant pas les incertitudes, allègent leurs positions en vendant les actions et les obligations françaises. Les marchés français devraient rester sous pression jusqu’au deuxième tour, à moins qu’un candidat prenne le dessus d’ici là.

Les chiffres de la semaine

  • Le MSCI World recule : -1,4%.
  • Les taux repartent à la hausse : 2,7% pour le 10 ans US, 0,71% pour le 10 ans allemand.
  • Les matières premières sont stables. Le pétrole à 98$/bl.
  • Le Bitcoin perd près de 10% à 42 300$.
  • Le dollar est stable à 1,09$/€.
  • La volatilité, mesurée par le Vix, remonte à 21.

Ces chiffres sont actualisés à la clôture des marchés du vendredi 8 avril 2022.

Les US et l’UE renforcent les sanctions contre la Russie

Suite aux révélations des atrocités perpétrées par la Russie aux abords de Kiev, les US et l’UE ont ajouté de nouvelles sanctions. Les US ont retiré le statut de nation favorisée à la Russie provoquant mécaniquement la hausse des droits de douane pour les biens importés. De son côté l’Europe n’est pas en reste. Elle interdit l’importation de charbon et ferme ses portes aux camions et bateaux russes.

Les banques américaines bloquent les remboursements russes

On s’en doutait mais à cause de la guerre, l’inflation poursuit sa progression en Europe. Elle ressort à 7,5% en mars après avoir atteint 5,9% en février. Il s’agit de niveaux que l’on avait plus vus depuis la crise pétrolière des années 70.

La Fed signale qu’elle va agir contre l’inflation

Comme anticipé, la Fed a confirmé cette semaine que les taux allaient monter rapidement pour lutter contre l’inflation. Elle se sent en retard dans sa lutte contre l’inflation. Par ailleurs, elle va réduire son programme d‘achat d’obligations dès le mois de mai et ainsi commencer à réduire la taille colossale de son bilan. Le coup de frein est brutal.

La BCE dans un corner ?

L’inflation galopante va aussi contraindre la BCE à modifier sa politique. Elle se prépare aussi à entrer dans l’arène plus tôt que prévu. On peut maintenant s’attendre à une hausse des taux avant la fin de l’année. En revanche, les taux longs de certains pays très endettés comme l’Italie commencent à s’écarter avec l’anticipation de la fin du soutien de la BCE via son programme d’achat. Voilà qui risque de donner des maux de têtes à tous ses membres.

La Chine signale un assouplissement de sa politique monétaire

A l’inverse des pays développés qui se battent contre l’inflation, la Chine pense assouplir sa politique monétaire. Le pays est englué dans sa politique de tolérance zéro contre la Covid-19 provoquant le confinement de mégalopole comme Shanghai et un recul de l’activité économique.

Conseils du mois d'avril

Que faire pour optimiser votre investissement avec Ismo ?

  • Conserver un horizon d’investissement à long terme : le temps est l’ennemi du risque.
  • Investir de manière diversifiée sur tous les marchés.
  • Garder le cap, ne pas sur-réagir. Les périodes de hausses succèdent à des périodes de baisse : il est essentiel de conserver un rythme d’investissement stable et régulier. Cela permet de lisser les points d’entrée sur les marchés financiers et ainsi d’amortir les fluctuations à court terme.

Les chiffres de la semaine

  • Le MSCI World poursuit son rebond : 0,5%.
  • Les taux baissent légèrement encore : 2,39% pour le 10 ans US, 0,56% pour le 10 ans allemand.
  • Les matières premières reculent nettement. Le pétrole à 99$/bl.
  • Le Bitcoin progresse à nouveau de 9% à 46 000$.
  • Le dollar est stable à 1,10$/€.
  • La volatilité, mesurée par le Vix, redescend à 20.

Ces chiffres sont actualisés à la clôture des marchés du vendredi 1er avril 2022.

Des pourparlers pour stopper les combats ?

La Russie affirme qu’elle va réduire ses attaques sur l’Ukraine alors que des négociations se poursuivent à Istanbul pour une trêve humanitaire. Moscou annonce qu’elle va réduire son activité militaire dans la région de la capitale Kiev. Par ailleurs, le contrôle de la centrale de Tchernobyl a été rendu à l’Ukraine selon l’Agence pour l’Énergie Atomique. Enfin, la Russie estime que la première phase de ses opérations est terminée et qu’elle va se concentrer sur le Donbass. Cette annonce est surprenante car elle signifie que les objectifs de l’invasion pourraient être revus à la baisse. Maintenant, rien ne dit qu’il ne s’agit pas simplement de désinformation tactique de la part des Russes.

Le coût de la vie s’envole en Europe

On s’en doutait mais à cause de la guerre, l’inflation poursuit sa progression en Europe. Elle ressort à 7,5% en mars après avoir atteint 5,9% en février. Il s’agit de niveaux qu’on avait plus vus depuis la crise pétrolière des années 70.

La courbe des taux s’inverse aux US

On parle d’inversion quand les taux à 2 ans sont plus élevés que les taux à 10 ans. C’est souvent le signe d’une récession à venir. Les investisseurs ne croient pas que la FED soit en mesure de faire baisser l’inflation sans provoquer une récession. Ce fut le cas au début des années 80 quand Paul Volcker avait monté les taux jusqu’à 11% pour faire baisser l’inflation. S’en était alors suivi une récession brutale.

Premier trimestre de baisse pour les marchés depuis 2 ans

Lors du premier trimestre le MSCI World a perdu 5,2%. C’est une première depuis 2020 et la crise du Covid. Si on exclut cette crise, il faut remonter à 2009 pour voir les marchés en recul sur la même période de l’année.

Poutine met la pression sur le gaz

La Russie met la pression sur les acheteurs de gaz. Vladimir Poutine demande que les pays inamicaux (donc nous) paient la facture en rouble et ce, dès vendredi ou alors l’approvisionnement sera coupé. Il nous est techniquement impossible de mobiliser du rouble. A voir si la Russie mettra ses menaces à exécution ou si une solution de contournement est trouvée.

L’activité manufacturière en baisse en Chine

L’activité manufacturière est en recul en Chine. Elle est directement impactée par le ralentissement de l’économie mondiale mais aussi par sa gestion de la crise du Covid, alors que l’épidémie rebondit dans le pays amenant les autorités à durcir les mesures antiépidémiques dans plusieurs grandes métropoles.

Le Yen s’enfonce

Le yen s’effondre après l’intervention de la Banque du Japon pour empêcher les taux longs de monter. La devise pâtit de l’écart grandissant entre sa politique monétaire et celles des autres pays développés qui voient les rendements obligataires s’envoler. La faiblesse du yen est à suivre.

La guerre semble s’enliser

L’Ukraine semble mener des contre-attaques autour de Kiev avec succès. Le nombre de russes tués, blessés, capturés ou disparus montent régulièrement et pourrait avoir atteint 40 000 selon l’OTAN. Le président Joe Biden affirme que l’OTAN réagira en cas d’utilisation d’armes chimiques et fait pression pour exclure la Russie du G20. Cette demande a peu de chance d’aboutir compte tenu de l’opposition de plusieurs membres comme l’Inde, la Chine et l’Arabie Saoudite.

 

Les chiffres de la semaine

  • Le MSCI World poursuit son rebond : 1,2%.
  • Les taux s’envolent encore : 2,49% pour le 10 ans US, 0,57% pour le 10 ans allemand.
  • Les matières premièresrepartent à la hausse. Le pétrole à 114$/bl.
  • Le Bitcoin monte de 5% à 42 000$.
  • Le dollar progresse à 1,10$/€.
  • La volatilité, mesurée par le Vix, se dégonfle à 21.

Ces chiffres sont actualisés à la clôture des marchés du vendredi 25 mars 2022.

Les prix des fertilisants au plus haut

A cause de la guerre et des problèmes d’approvisionnement, les prix des engrais ne font que monter. Ses composants comme l’ammoniac, l’azote, les nitrates, le potassium et les sulfates sont difficiles à trouver et leurs prix ont monté de plus de 30% depuis le début de l’année. Cette hausse combinée avec celle de l’énergie va continuer de faire monter les prix des denrées alimentaires. On peut craindre la famine dans certaines des zones les plus pauvres du globe.

La FED veut s’occuper de l’inflation

On pourrait voir très bientôt de l’inflation à deux chiffres aux US ! La Fed est résolue à mettre tout en œuvre pour la combattre. Les taux vont donc monter vite, très vite, et plus haut qu’anticipé. Fini la volonté de régulariser la politique monétaire petit à petit.

Les US vont fournir du gaz à l’Europe

Les US veulent aider les européens à sortir de leur dépendance aux hydrocarbures russes (et entrer dans la leur ?). Ils se sont engagés à fournir du gaz naturel liquéfié en quantité. Mais à quel prix pour les européens ? En effet, il est notoire qu’il n’y a pas moins cher que le gaz russe. De plus, le gaz naturel liquéfié nécessite des infrastructures portuaires qui sont actuellement insuffisantes. De leur côté, les européens n’ont pas réussi à se mettre d’accord pour un embargo sur le gaz et le pétrole russe.

L’immobilier baisse en France

Le volume des transactions baisse (-9% en février). Compte tenu du contexte actuel, c’est normal. Cette baisse peut même être considérée comme une saine correction après des années d’euphorie. Ce qui est attendu désormais, c’est une baisse sensible des prix. En effet, avec la hausse des taux long, la capacité des particuliers à financer une acquisition par l’emprunt va diminuer. 

Cet article n’est pas un conseil en investissement. Il s’agit d’une analyse menée suite aux dernières actualités et leurs potentiels impacts sur les marchés financiers. La question que vous devez vous poser à la lecture de cet article est de savoir si votre stratégie d’épargne est adaptée à votre capacité d’épargne actuelle.

Le début d’année est plus que difficile pour les marchés actions. Des taux d’inflation exceptionnellement élevés, une Fed déterminée à relever les taux d’intérêt, la guerre en Ukraine, la hausse exceptionnelle des matières premières, tout cela met en danger la croissance mondiale, c’est une évidence.

En tant qu’investisseur individuel, que devriez-vous faire de tout cela et, plus important encore, comment devriez-vous procéder ? Aussi effrayant que cela puisse paraître, il est généralement déconseillé aux investisseurs de vendre. La vente de panique et le fait de ne pas investir sur le marché sont des risques plus importants que d’être investi pendant un marché baissier. Les baisses intra-annuelles font partie d’un cycle de marché normal et ne signifient pas forcément que les marchés mondiaux se dirigent vers un krach ou que l’économie mondiale va vers une récession. Le MSCI World a des baisses moyennes intra-annuelles de 10%, mais les rendements des marchés boursiers ont été positifs pendant 30 des 40 dernières années.

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Les journalistes et les analystes ont brossé un tableau sombre au cours des premières semaines de l’année, mais ils le font presque toujours dans un marché en baisse. La peur fait vendre. Bien qu’il soit plus confortable de suivre la tendance baissière du marché, les investisseurs doivent tenir compte de décennies de recherche et de modèles économiques plutôt que de prendre des décisions émotionnelles rapides pour vendre leurs actions. L’économie traverse une période économique difficile, mais il vaut mieux que l’argent reste investi que de rester sur la touche.

Si on refait un peu l’histoire, octobre 2008, mars 2020 ont été des périodes très effrayantes pour les actions, mais ceux qui sont restés investis, ou mieux, qui ont poursuivi leur effort d’épargne, ont pu bénéficier d’une reprise spectaculaire. L’année 2020 s’est terminée avec un rendement boursier de plus de 14 %, malgré une pandémie en plein essor et des chiffres de chômage plus élevés que lors de la Grande Récession.

Même dans un environnement de hausse des taux d’intérêt et d’inflation élevée, vous risquez de nager à contre-courant si vous pariez contre le marché boursier. Le marché est résilient, et il monte plus qu’il ne descend. Le marché haussier moyen dure 48 mois, tandis que le marché baissier moyen dure 14 mois.

En juin 2021, le stratège en chef des actions américaines chez Morgan Stanley, a prédit une contraction des actions. Il avait peut-être raison, et maintenant, cette contraction est là. Mais si vous restiez investi en actions depuis cette annonce, vous auriez profité d’une hausse supplémentaire de 6% pour le reste de 2021.

Ce n’est pas que les analystes se trompent, c’est qu’ils n’ont que trop rarement le bon timing. En tant qu’investisseurs individuels, il est trop dangereux de négocier en fonction des articles et des attentes des analystes. La seule façon de vraiment trader et de gagner de l’argent est de choisir une bonne stratégie et de rester investi pendant une longue période de temps.

Historiquement, placer dans la durée et régulièrement est la meilleure stratégie. Les baisses de marchés sont a priori des opportunités d’investissement à long terme. Nous préconisions toujours à nos investisseurs d’investir dans le temps pour lisser les aléas des marchés et dans des portefeuilles bien diversifiés pour profiter des cycles économiques parfois asynchrones entre les différentes zones géographiques. Effectivement, l’Europe va souffrir humainement et économiquement dans les mois qui viennent, mais ce ne sera pas nécessairement le cas dans la zone Amérique ou dans la zone Asie.

La question que vous devez vous poser est plutôt de savoir si votre stratégie d’épargne est adaptée à votre capacité d’épargne. Il vaut mieux réduire les montants que vous épargnez régulièrement si vous estimez que le risque que les marchés vous font supporter est trop important. Le conseil est le même si votre aversion au risque et plus importante.

La dette russe pourrait faire défaut

La Russie rencontre des difficultés pour rembourser sa dette en dollar à cause des sanctions. Elle pourrait ainsi faire face à ce qui serait son premier défaut sur sa dette externe depuis la révolution communiste.

Les chiffres de la semaine

  • Le MSCI World rebondit fortement : 5,75%.
  • Les taux 2,15% pour le 10 ans US, 0,37% pour le 10 ans allemand.
  • Les matières premières glissent légèrement. Le pétrole à 105$/bl.
  • Le Bitcoin progresse de 7% à 42 000$.
  • Le dollar recule à 1,11$/€.
  • La volatilité, mesurée par le Vix, se dégonfle à 24.

Ces chiffres sont actualisés à la clôture des marchés du vendredi 18 mars 2022.

La Chine ne veut pas être victime des sanctions

La Chine avertit qu’elle n’acceptera pas d’être l’objet de sanctions économiques liées à la guerre en Ukraine. Les US ont demandé expressément au pays de ne pas intervenir dans le conflit en fournissant des armes à la Russie.

La Chine assouplit ses règles anti-Covid

Le gouvernement prend des mesures pour limiter l’impact des restrictions sur l’économie et sur la vie des gens. Cette initiative, combinée avec des efforts pour rassurer les investisseurs après la chute brutale des marchés la semaine dernière, a provoqué un rebond spectaculaire des marchés chinois et notamment du secteur des tech qui avait été massacré.

Le dollar menacé

Le gel des avoirs russes pourrait amener les banques centrales à revoir leurs détentions en dollar. Plusieurs pays tentent de réduire l’importance du dollar dans les échanges internationaux. Ainsi, la Russie et l’Inde envisagent d’utiliser la roupie dans leurs échanges tandis que l’Arabie Saoudite prévoit de vendre son pétrole directement en Yuan. L’Euro pourrait aussi subir une forme de désaffection similaire.

La Fed déterminée à restaurer la stabilité des prix

La Fed n’a finalement monté les taux que de 0,25% à cause de la guerre. Mais elle est déterminée à faire plus dans les mois à venir pour réduire l’inflation. Attendons-nous donc à des montées à tous les meetings d’ici la fin de l’année.

La croissance européenne ralentit

Les indicateurs économiques plongent en Europe et retrouvent des niveaux que l’on n’avait plus vus depuis le début de la pandémie. La guerre, les sanctions et l’inflation au plus haut depuis la création de l’euro, vont lourdement peser sur la croissance en 2022.

Recapitalisation d’EDF

Comme attendu, l’état recapitalise EDF à hauteur de 2,7 milliards d’euros. Cette opération est principalement liée à la politique de stabilité des tarifs réglementés imposés à l’électricien. Pas de miracle, la hausse des prix de l’énergie finira par passer sur le consommateur ou, comme ici, dans la dette de l’état.

Élimination progressive par l’Occident des importations d’énergie russes ​

Cette semaine, alors que l’invasion de l’Ukraine se poursuit, les US, le UK et l’UE ont pris des mesures coordonnées pour réduire ou supprimer leurs importations d’énergie depuis la Russie qui, d’une certaine manière, finance la guerre. Les US ont simplement décider d’arrêter, geste significatif quand on sait que cela représente 8% des importations du pays. Pour les pays européens, la dépendance est telle qu’ils se sont d’abord donnés comme objectif de réduire de 2/3 leurs importations d’ici la fin de l’année et de couper les ponts avec la Russie d’ici 2030, si la Russie ne ferme pas le robinet d’ici là. En réaction à ces annonces fortes, le Brent de mer du Nord est monté jusqu’à 132$/bl pour redescendre en fin de semaine à 110$/bl.

Les chiffres de la semaine

  • Le MSCI World recule encore: -2,3%
  • Les taux rebondissent fortement : 2% pour le 10 ans US, 0,27% pour le 10 ans allemand.
  • Les matières premières premières sont en baisse. Le pétrole à 109$/bl.
  • Le Bitcoin est inchangé à 39 000$.
  • Le dollar est stable à 1,09$/€.
  • La volatilité, mesurée par le Vix, atteint 31.

Ces chiffres sont actualisés à la clôture des marchés du vendredi 11 mars 2022.

Les entreprises stoppent leurs activités en Russie

Ce ne sont plus seulement des compagnies pétrolières, mais aussi des entreprises technologiques, des sociétés de paiement et des marques de l’agroalimentaire qui quittent le pays. Pour certaines entreprises, la casse pourrait être importante, notamment pour les constructeurs automobiles européens qui dépendent d’unités de production de pièces en Russie, et qui pourraient voir leur production perturbée s’ils prenaient ou devaient prendre la même décision.

L’Union Européenne en meeting à Versailles

Les principaux pays se retrouvent à Versailles pour jeter les bases d’une plus grande coopération, notamment en matière de défense. A cette occasion, des propositions pour émettre conjointement de la dette pour financer les dépenses énergétiques et militaires pourraient être annoncées.

La hausse des matières premières marque une pause

Après avoir enregistré sa plus forte hausse hebdomadaire en 65 ans d’existence, l’indice Refinitiv/CRB des matières premières a légèrement reculé cette semaine. Le pétrole a baissé de 20$. Le marché des futures sur le Nickel a été fermé plusieurs jours sur le London Metals Exchange, après un « short squeeze » massif qui a fait doubler les prix en quelques heures et engendré des pertes colossales (on parle en milliards de dollar) à une banque chinoise. On va probablement voir d’autres institutions financières et hedge funds exploser en plein vol dans les semaines à venir. L’autre conséquence, c’est aussi une inflation persistante qui va peser sur la croissance jusqu’à, peut-être, provoquer une récession globale.

La BCE surprend

Le timing est surprenant. Malgré les incertitudes liées à la guerre, la BCE a décidé d’arrêter son programme de soutien pour lutter contre l’inflation. La réaction des marchés obligataires ne s’est pas fait attendre. Les obligations ont plongé après l’annonce, surtout celles des pays très endettés comme l’Italie.

Même si la situation est dramatique en Ukraine, essayons ici de garder notre attention sur les objectifs à long terme.

Historiquement, les périodes d’incertitude similaires à celle que nous connaissons se sont traduites par des baisses significatives des marchés. Depuis la Seconde Guerre mondiale, ils ont toujours baissé durant la période de tension pré-guerre et au début du conflit. Une fois l’impact économique évalué, ils ont à chaque fois rebondi fortement d’où l’adage « vendre au bruit des bottes, acheter au son du canon ». La baisse des marchés n’est donc pas une surprise. Les investisseurs se retirent en attendant d’y voir plus clair sur la situation militaire et sur l’impact économique du conflit et des sanctions. 

Malheureusement, dans cette affaire, l’Europe est le dindon de la farce, tant elle est dépendante de la Russie en matière énergétique (mais pas seulement, on pourrait ajouter le nickel, le palladium, etc…). En fin d’année dernière, l’Europe devait déjà faire face à une croissance qui ralentissait et à des prix de l’énergie qui montaient, les prix du gaz ayant déjà doublé au dernier semestre 2021. La crise ukrainienne a encore exacerbé ces problèmes.

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L’envolée des prix de l’énergie va provoquer une forte hausse de l’inflation européenne pourtant déjà à un niveau historique de 5,8% en février 2022. La Russie fournit plus de 10% du pétrole mondial et alimente 35% du gaz en Europe. Les industries dépendantes de l’énergie vont encore être très touchées par la hausse des prix : les raffineurs de diesel, les producteurs de fertilisant, la pétrochimie … Tous ces secteurs vont devoir transférer ces hausses sur leurs clients.

Depuis l’invasion, plusieurs autres secteurs que celui de l’énergie ont connu des hausses de prix significatives : les produits agricoles, les métaux, ou encore les minerais dont l’Ukraine est un gros exportateur. Autant dire que pour le moment la chaine d’approvisionnement est rompue. Même si les sanctions n’ont pas encore touché les secteurs énergétique et agricole, elles réduisent la capacité du pays à exporter. Actuellement, tout ce qui vient de Russie est toxique. Les transporteurs refusent de charger des matières venant de Russie. Le pétrole russe de l’Oural ne trouve plus preneur et traite plus de 20$ en dessous du Brent de mer du Nord ! Shell a dû s’excuser d’en avoir acheté et a assuré que le produit de sa vente irait à des œuvres caritatives ukrainiennes.

Le secteur de la défense va connaitre une importante hausse de la demande. Le conflit a mis en évidence le besoin pour tous les pays européens de se réarmer. L’Allemagne, que Trump avait accusé de refuser de financer sa quote-part dans l’OTAN, a débloqué 100 milliards d’un claquement de doigt pour sa défense, comprenant le danger de voir changer l’agenda des Américains en Europe.

Les marchés européens sont donc ceux qui ont le plus souffert, toutes les valeurs qui ont des intérêts en Russie ayant été massacrées : le secteur automobile qui y fait fabriquer des éléments (Renault), des banques (Société Générale), des compagnies pétrolières qui se retirent (Shell, BP) …

En conclusion, nous déplorons avant tout le coût humain de l’invasion. L’impact à long terme sur l’économie mondiale est incertain, et en Europe, la BCE aura bien du mal à naviguer pour sauver la croissance et lutter contre l’inflation. 

Philippe de Gouville

Co-fondateur et gérant des fonds Ismo

Certains d’entre vous nous ont sollicité ces derniers jours pour avoir notre conseil et savoir quelle attitude aborder face à la baisse des marchés financiers. Nous ne pouvons prédire l’avenir : le bon sens reste notre meilleur conseil. 

Ce qu’il est essentiel de bien comprendre, c’est que les marchés financiers fonctionnent de manière cyclique : à la hausse, comme cela a été le cas sur une longue période jusqu’en janvier dernier, et à la baisse, comme c’est le cas depuis ces dernières semaines. 

Aussi, en ces périodes d’incertitudes et de nervosités des marchés, il est essentiel de garder le cap

  • Conserver un horizon d’investissement à long terme, le temps est l’ennemi du risque.
  • Investir de manière diversifiée sur tous les marchés mondiaux.
  • Garder le cap, ne pas sur-réagir : les périodes de hausses succèdent à des périodes de baisse, il est essentiel de conserver un rythme d’investissement stable et régulier. Cela permet de lisser les points d’entrée sur les marchés financiers et ainsi d’amortir les fluctuations à court terme.

Les chiffres de la semaine

  • Le MSCI World recule : -2,7%
  • Les taux sont stables : 1,74% pour le 10 ans US, +0,10% pour le 10 ans allemand.
  • Les matières premières sont en hausse. 
  • Le pétrole est inchangé à 115/bl.
  • Le Bitcoin perd 2% à 39 000$.
  • Le dollar monte à 1,09$/€.
  • La volatilité, mesurée par le Vix, atteint 32.

Ces chiffres sont actualisés à la clôture des marchés du vendredi 4 mars 2022.

Le désastre humanitaire

La crise humanitaire résultant de l’invasion de l’Ukraine prend de l’ampleur avec des centaines de milliers de personnes sur les routes fuyant les combats. Nous souhaitons exprimer ici notre sincère support à la population ukrainienne. Nous espérons une rapide désescalade des hostilités et une restauration pacifique et rapide de sa souveraineté nationale.

La Russie a été isolée du système financier

Les sanctions visent le portefeuille. L’objectif des occidentaux est de mette à genou l’économie russe. Les réserves en devises de la banque centrale russe ont été gelées, l’empêchant de défendre le rouble qui s’écroule. Plusieurs banques russes ont aussi été exclues de SWIFT, le système de communication facilitant les transferts internationaux d’argent. Ces mesures sont sans précédent mais la Russie a jusqu’ici toujours réussi à s’adapter aux sanctions. 

La dette Russe dégradée et le pays exclu des indices MSCI

La dette russe a été dégradée en catégorie spéculative par les agences et s’approche du défaut de payement. Les fournisseurs d’indices comme MSCI ont retiré la Russie de leurs indices actions. Le MSCI Emerging Markets ne contient donc plus d’actions d’entreprises russes. Pour autant, il est pour l’instant interdit aux étrangers de vendre leurs actions sur les marchés russes.

Les prix des matières premières s’envolent

L’indice Thomson Reuters CRB des matières premières progresse de 29% depuis le début de l’année et atteint son plus haut depuis 14 ans. La barre des 100$/bl est largement franchie. Les sanctions limitent l’accès aux matières premières russes. Pire, la plupart des transporteurs refusent à l’heure actuelle, de transporter des matières premières russes à cause des sanctions et du risque d’image. Son pétrole ne trouve plus preneur, même à prix discount ! La hausse du gaz pourrait se traduire par la hausse du prix des engrais dont la production consomme de grandes quantités de gaz. Cette hausse pourrait alors avoir des répercussions importantes sur les prix des produits alimentaires.

Changement historique de politique de défense en Europe

L’Allemagne a annoncé un virage à 360° de sa politique de défense avec une augmentation sans précédent de son budget pour répondre à la menace que fait peser la Russie. Autre virage, la volonté de s’émanciper de la Russie en matière énergétique avec la décision de rejeter le Nord Stream 2 et celle de construire deux nouveaux ports pour l’importation de gaz liquéfié. Dernière des hérésies, le gouvernement envisage de rouvrir les centrales nucléaires et à charbon ! Mais l’Allemagne n’est pas seule à opérer un virage historique : la Suède, qui a envoyé des armes antichars à l’Ukraine, et la Finlande pourraient demander leur intégration à l’OTAN. Et que dire de la Suisse qui abandonne une politique de neutralité vieille de plus d’un siècle !

Les oligarques sanctionnés

La saisie des bien des oligarques liés à Vladimir Poutine a commencé : des yachts, des propriétés et même le club de foot de Chelsea a été mis en vente.

Les banques centrales s’adaptent

Comment parler d’économie dans cette période troublée. Les banques centrales vont tirer moins fort en attendant de pouvoir évaluer l’impact du conflit sur l’économie. La Fed devrait se limiter à 0,25% de hausse des taux et en Europe, où la récession guette, la BCE devrait passer son tour malgré une inflation toujours plus forte (5,8% en février).